martine

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DAS PLATEAU
Jacques Albert / Céleste Germe / Maëlys Ricordeau / Jacob Stambach
et
Cécile Fišera
Lisa Léonardi
Hugo Roger

Théâtre performance / vidéo / musique - 4 comédiens / 1 musicien / durée estimée : 1 h 15


création le 2 octobre 2008 à Mains d'Œuvres



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 


 

 

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MARTINE

L'EXPERIENCE REELLE DU CAUCHEMAR



C'est un travail sur le cauchemar, sur l'inconscient.

C'est l'image déformée et sombre d'un monde que traversent trois jeunes femmes, c'est une plongée dans ce monde qui leur appartient, qu'elles construisent.

En perdition. Comme dans un cauchemar, elles errent dans des espaces mentaux, plusieurs, qui se mêlent : "le mien, le sien".

Les scènes ont été disloquées. Le scénario n'est plus entier, perforé. Les objectifs ont été oubliés. Comme dans un cauchemar, on court, on court, mais pour aller où... ? Impossible de se rappeler. Le gouffre. La route s'est effacée.

Martine, structurellement, endure ces zones d'ombre. En bénéficie.

Les personnages endurent ces zones d'ombre. Ils sont mus par leurs actions, ils sont guidés par elles, jusqu'au gouffre : les objectifs ont été brouillée.

Alors, les personnages s'éparpillent, sont perdus, esseulés. Comme un collier tombé au sol, brisé, qui l'instant d'avant était entier.

C'est un travail sur la solitude, sur des solitudes, sur leurs intimités.

 


[Une vidéo montre Martine, la femme. C'est un long plan séquence, et, tout du long, Martine est à sa fenêtre. Toute entière dans son intimité, elle ne fait que regarder ce monde disloqué, regarder les gens qui passent, regarder les petites perles disloquées se déplacer : toutes ces petites intimités. Mais rien n'est possible de cette observation. Aucune action, aucun lien, aucune collectivité. Elle est seule, elle s'ennuit.]

 


Martine ausculte la sphère intime dans ce monde - occidental, riche, en paix - ce monde qui la valorise, qui en fait la sphère la plus déterminante pour l'individu.

Magnifiée, la sphère intime n'est plus que ressenti, émotions, sensations : elle ne produit que de la subjectivité, de l'intériorité, de la solitude.

 


Ce qui est extérieur à cette sphère intime y est injecté à petites doses régulières, à la manière d'un vaccin dont le poison est désactivé.

Jamais entièrement étanche la sphère intime, pour résister, pour se protéger de l'extériorité, la transforme. Elle capte l'information, en fait le tri, rejette ce qu'elle peut, digère le reste. L'extériorité est rendue intime. Mais cette "extériorité intime" ne s'assimile pas si facilement et alimente, comme par transfert, angoisses et fantasmes. La sphère intime devient dangereuse, elle glisse, elle échappe, elle nous échappe.

Martine c'est la fièvre du vaccin, une plongée dans cette fièvre.

 


Martine, c'est l'expérience d'une réalité, celle d'une partie de tennis, d'un petit déjeuner de vacances, de sa durée, du temps qui passe, celle d'une flagellation, celle de l'épuisement physique, celle de l'agonie d'une jeune femme, des larmes longues et profondes. Martine, c'est l'expérience du son, de sa puissance, de son emprise, de l'impact physique qu'il impose, d'un thème entêtant, de sa persistance, de son souvenir.

Martine, c'est l'expérience de la morbidité que comporte la douceur de notre monde. C'est la peur qu'il comporte, l'indicible qui se terre. L'expérience du pire. Martine, c'est l'expérience réelle d'un cauchemar.

 





 

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