s.h.o.n. - diaporama - musique
CONCEPTION ET RÉALISATION : DAS PLATEAU
JACQUES ALBERT / CÉLESTE GERME / MAËLYS RICORDEAU / JACOB STAMBACH
Avec : Cécile Fišera, Lisa Léonardi, Laurent Kapler, Léo Poulet, Maëlys Ricrodeau, Joseph Stambach
Théâtre performance / vidéo / musique - 20 min.
Création à Mains d'Oeuvres le 15 décembre 2007.
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Vos rêves à l'abri du hasard _Maisons Phénix
De génération en générations, nous construisons votre bonheur _Maisons France Confort, depuis 1919
Ensemble, imaginons votre bien-être _Bouygues Immobilier
Il y a des lieux qui poussent dans les périphéries, que l'on greffe aux entrées d'agglomérations le long de l'artère principale.
Il y a des lieux dont les maisons ne sont plus que des représentations : disposées sur d'impeccables pelouses, et toutes les mêmes.
Il y a des lieux qui vendent portails électriques, gardiens jour et nuit et caméras de surveillance.
Ici, le territoire privatisé n'est plus qu'un jeu de plateau, l'espace public est mort.
S.H.O.N., c'est la reproduction du même, souvenirs régressifs des maisons de Mickey et des châteaux de princesses.
La caméra rôde.
Le son aussi, calmement.
Maison blanche
Maison blanche
Maison blanche
Maison blanche
Garantir le bonheur, et n'être qu'entre soi.
Tout va bien.
S.H.O.N. est une performance sur le thème du lotissement pavillonnaire.
Ces maisons que l’on construit, toutes les mêmes, avec leurs murs en fausse pierre, leur colonnettes à l’entrée, etc. agissent d’abord et avant tout en tant que représentation. Avant d’être des lieux à vivre, à habiter, elles sont une représentation de « la maison », une représentation sociale.
Cette performance cherche à s’interroger sur le sens de l’hyper-développement de ces lotissements et sur ce qu’ils produisent : l’entre-soi / l’enfermement / la reproduction du même et l’exclusion de l’autre / l’auto-surveillance… Poussés à l’extrême ces lotissements sont le terreau des gated communities.
Cette performance cherche à questionner l’abandon, la concession aux logiques privées et individuelles de ce qui devrait être collectif et public : pourquoi,
comment se constitue cette renonciation, dans le secteur de l’urbanisme notamment, à tout espace public. Car si ces lotissements sont construits dans leur immense majorité par des groupes
financiers (Bouygues etc.) dont les logiques financières ne peuvent s’accorder avec l’idée d’une « chose publique », les pouvoirs publics par inconscience ou par compromission les
produisent également, notamment à travers toute une série de règlements dont certains, par l’accumulation de règles apparemment anodines, finissent par n’autoriser que cette jolie maison, et son
joli portail, et son joli jardin.